Maxi Flash Maxi Flash sur Facebook Flux RSS


Clubs-service : entre tradition et renouveau


Institutions centenaires, le Kiwanis, le Rotary et le Lions Club sont parfois encore mal connus et entachés de clichés. Présentation de ces réseaux qui militent à l’international, mais s’ouvrent aussi localement. 

 

L’on a tous un jour ou l’autre entendu le nom de Kiwanis, Rotary, ou Lions Club. Normal, ils sont implantés aux 4 coins du monde, de la France, et de l’Alsace. Mais qui sont-ils ? Comment fonctionnent-ils ? Et surtout, à quoi servent-ils ? Maxi Flash fait le point, pour qu’ils n’aient plus aucun secret pour vous.

 

Origines et devises

-Le Rotary est le plus ancien de ces clubs. C’est un mouvement mondial né aux Etats-Unis en 1905, de l’initiative d’un avocat de Chicago, Paul Harris, qui décide de rassembler des hommes d’affaire autour de valeurs et d’objectifs communs. Le nom provient du fait que les premières réunions avaient lieu par rotation, entre les différents bureaux des membres du club. 

La devise du Rotary est « Servir d’abord », et son emblème est une roue, symbolisant le fait d’aller de l’avant grâce à l’action de chacun de ses membres. 

 

Aujourd’hui, le Rotary rassemble 1,2 millions de Rotariens, répartis au sein de 34 400 clubs dans le monde. La France est divisée en 19 districts, donc celui d’Alsace-Franche-Comté avec 61 clubs. 

En Alsace du Nord, ils sont 5 : à Wissembourg, Haguenau, Saverne, Ingwiller et Brumath.

 

-Le Lions Club est le plus grand club-service en termes de membres : 1,36 millions répartis dans 210 pays et 46 000 clubs. Il a été créé il y a 100 ans, en 1917, également à Chicago, par Melvin Jones, fondateur d’une agence d’assurance. C’est parce que le Business Circle dont il fait partie est voué à l’échec, qu’il décide de créer le Lions Club. Contrairement au Circle, ce dernier n’aura pas l’unique vocation de servir les intérêts financiers de ses membres, mais au contraire d’utiliser leurs talents au service de la société.

La devise du Lions est « We serve » (nous servons). Son signe distinctif est « un insigne jaune et bleu avec 2 lions dos à dos, l’un plus adulte, l’autre plus jeune », décrit Daniel Schoulz, le Président du Lions Club de Wissembourg.

 

En plus de celui-ci, 5 autres clubs existent en Nord-Alsace : à Niederbronn, Haguenau, Saverne, Brumath et La Wantzenau. 

 

-Le Kiwanis a quant à lui été fondé en 1915 à Détroit par Allen Browne et Joseph Prance, respectivement chef d’entreprise et tailleur, qui souhaitaient créer une organisation originale, basée sur la fraternité mais aussi sur une cotisation sociale au service des plus pauvres. 

La devise du Rotary est « Servir les enfants du monde ».

En France, le 1er club est créé en 1965 à Metz, avant même celui de Paris. 

Aujourd’hui, ils sont 600 000 Kiwaniens dans le monde. Le district France-Monaco compte 250 clubs, dont les 4 antennes nord-alsaciennes de Wissembourg-Outre-Forêt, Haguenau, Saverne et Bischwiller.

 

Des missions caritatives et éducatives

Ces 3 clubs-service ont tous un but commun: aider autrui, avec parfois un champ d’action privilégié. 

 

Le Kiwanis de Wissembourg-Outre-Forêt

« On se focalise davantage sur les enfants », indique Gérard Hermann, secrétaire du club de Wissembourg, créé en 1989. Le club nord-alsacien s’est notamment mobilisé pour offrir des équipements d’éveil aux enfants autistes du centre d’Harthouse, et, en partenariat avec l’UNICEF, pour une campagne de vaccination de femmes enceintes et d’enfants, qui a rapporté 10 000€ en 5 ans. « Nous pouvons aussi aider une famille qui a un enfant handicapé et qui doit installer une rampe pour monter les escaliers, ou une douche adaptée. Nous privilégions un projet bien défini, ou un enfant bien défini ; soit on participe en complément, soit on finance en totalité », indique G. Hermann. L’antenne d’Outre-Forêt a également à cœur, depuis une dizaine d’années, d’offrir aux enfants de la Maison d’Enfants de Climbach, une sortie à Didiland ; et récemment, ils ont permis aux enfants en situation de handicap scolarisés au Collège Otfried de visiter Paris. 

 

Les Lions Club de Brumath et Wissembourg

« Depuis le début, notre 1ère action est de lutter contre la cécité », énonce Daniel Schoulz. « Cela est dû à une rencontre entre les Lions et Helen Keller, une dame aveugle et sourde qui a réussi à avoir une vie normale et à faire des études supérieures, ce qui, dans les années 20, était quelque chose d’extraordinaire. Elle a assisté à une convention du club, et a mis au défi les Lions de devenir les ’’chevaliers des aveugles dans la croisade contre les ténèbres’’. Ce qui a fonctionné, car nous sommes à l’origine de la création de la canne blanche ». Désormais, les Lions sont connus pour leur grande collecte de lunettes. « On est en relation avec les opticiens de la région et même de l’autre côté de la frontière ; et les enfants des écoles nous aident à les récolter. On les trie, puis elles sont reconditionnées et livrées dans le monde entier. Cette année, on a réussi à en envoyer 12 000 paires ! » se félicite le Président. 

La jeunesse est un autre pan d’action des Lions. Le club de Brumath a par exemple apporté son soutien à l’association Clowns Z’Hôpitaux et vient de faire un don à Leucémie Espoir 67. Le club wissembourgeois aide par ailleurs la Directrice de la Maison des Enfants de Climbach à créer une salle dédiée aux arts plastiques et à la musique, et soutient chaque année un équipage alsacien pour le 4L Trophy.

Autre petite particularité, « si vous téléphonez au Téléthon pour une promesse de don, c’est un membre du Lions Club qui vous répond ! Cette année sera notre 47e participation ».

 

Le Rotary de Haguenau

A son origine, le Rotary orientait surtout ses actions vers l’international, comme cette année à Madagascar pour la restauration d’une école. « Mais on s’est rendu compte qu’en France aussi, il y a des besoins, et on s’est davantage consacrés au local », analyse Véronique Keiff, membre du club de Haguenau. « On est assez multiple, avec un volet jeunesse, formation et insertion, et un volet recherche et santé. On aide régulièrement la maison de retraite La Roselière, où on a par exemple installé un jardin multisensoriel pour les personnes ayant Alzheimer et permis l’achat d’un chien de compagnie spécialement dressé. On organise aussi des ’’student exhanges’’ en nous occupant de l’accueil de jeunes du monde entier, et réciproquement en permettant à des jeunes de la région de suivre leur année de 1ère à l’étranger. Grâce à l’expérience de nos membres, nous organisons des formations pour apprendre les codes nécessaires pour se présenter dans une entreprise, ou à prendre la parole. Et chaque année, on participe à la Grande Collecte de la Banque Alimentaire ». 

 

Dans chacun de ces clubs, le choix des actions se fait lors de réunions bimensuelles ou hebdomadaires. Le plus souvent, c’est lors d’un événement qu’ils organisent, ouvert au public, qu’ils sont sollicités. « Ou alors c’est une cause à laquelle l’un de nos membres tient. Parfois, nous recevons des demandes via des assistantes sociales, ou des écoles », précise Daniel Schoulz, le Président des Lions wissembourgeois. 

 

Donner du temps, et récolter de l’argent

Chaque club local est enregistré comme association. Bien que les membres, qui sont donc tous bénévoles, contribuent eux aussi à un soutien financier de par leur cotisation annuelle, « on ne leur demande pas de faire des chèques, mais de donner de leur temps pour récolter des fonds », souligne Daniel Schoulz. En intégrant un club-service, « ils ont une obligation de cotisation, mais aussi de présence », ajoute Véronique Keiff du Rotary haguenovien. 

Un investissement de leur personne, nécessaire à l’organisation de manifestations sociales permettant de récolter de l’argent.

 

Le Kiwanis de Wissembourg

Deux actions caractérisent le club d’Outre-Forêt. Ponctuellement, il y a le Kiwamusique, un concert qui se déroule chaque année à Seebach, et qui a rapporté, en 2016, 7000 €. Et tout au long de l’année a lieu l’opération « Vitrail du Christ ». «A Wissembourg, il y avait dans le temps un monastère avec une ancienne église romane, dont il ne reste qu’une tour. Un de ses vitraux, le plus ancien vitrail figuratif du monde qui date du 12e siècle, a été retrouvé, et rénové. Nous l’avons fait reproduire et nous le vendons. Grâce à cela, nous avons déjà récolté environ 2000€», précise G. Hermann. 

 

Le Lions Club de Brumath

Si le club, qui n’a été créé qu’en 2005, participe régulièrement à diverses manifestations comme la fête de la musique à Brumath, il recherche toujours son action « phare et pérenne ». « Nous avons l’idée d’un rallye-quizz à travers l’Alsace, sous forme de questionnaire », espère mettre en place Anne-France Hildenbrandt, la Présidente du club.

 

Le Rotary de Haguenau

Le Rotary se veut très présent dans la capitale du Nord-Alsace. Il participe au marché de Noël en partenariat avec le Kiwanis de Haguenau, organise un vide-grenier, un tournoi de golf, une soirée cinéma, et vient d’organiser, vendredi dernier, sa soirée théâtrale. «Il faut savoir que pour une manifestation de type marché de Noël, pas moins de 30 bénévoles se relayent pour préparer et accueillir le public», indique Véronique Keiff.

 

Le nouveau visage des clubs-service

« Tous ces clubs se sont rendu compte que s’ils ne communiquent pas, les gens ne savent pas ce qu’ils font, ce qui freine la récolte de fonds et leur développement », analyse Véronique Keiff, en charge de la communication au Rotary de Haguenau. 

 

Alors bien que l’intronisation d’un nouveau membre se fasse par cooptation (il faut connaitre un membre, puis l’ensemble des membres doit accepter), à la question de savoir si le Rotary, le Kiwanis et le Lions Club seraient des sortes de sociétés secrètes, comme la Franc-maçonnerie, tous nient en bloc. « Il n’y a pas de rite ni de parcours du combattant pour entrer chez nous, c’est très convivial, et les noms de nos membres ne sont pas secrets », estime G. Hermann, du Kiwanis de Wissembourg. « Les statuts du club interdisent même clairement de parler de politique et de religion », complète le Président du Lions de Wissembourg. 

 

Autre idée reçue : ces clubs sont réservés aux hommes, riches et notables. « Il faut qu’on arrive à casser cette image », estime Daniel Schoulz. « Il ne faut pas être PDG, il y a des membres de tous horizons », ajoute le secrétaire du Kiwanis. 

 

Concernant les femmes, elles sont admises depuis une trentaine d’années. « Ce n’est toujours pas complètement entré dans les mentalités, en ce qui concerne les Lions en tout cas », indique Anne-France Hildenbrandt. « Mais concrètement, on n’est pas là pour faire les petits fours durant nos réunions ! On a une place à part entière. Je pense qu’on peut apporter une autre ouverture d’esprit ». 

 

Même les jeunes se tournent de plus en plus vers ces clubs. A Haguenau, il existe le Rotaract, qui est un Rotary réservé aux 18-30 ans, et dont la cotisation annuelle n’est que de 50 €.  


Twitshot
Commentaires

Pas de commentaire


Petites annonces


© 2015-2017 Maxi Flash • Tous droits réservés • Réalisation : Jordel Médias
Plan du siteMentions légales