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Skatepark sport, art et culture


Skate, Roller, BMX, Trottinette… Chaque année, quelques 30 000 festivaliers et athlètes du monde entier se rassemblent autour de grandes compétitions, concerts, et expositions à Strasbourg. Un cru non négligeable de fondateurs a fait ses 1ers pas en Alsace du Nord… 

 

Avant de devenir l’un des plus grands Festivals Internationaux des Cultures Urbaines, le NL, c’est d’abord l’histoire d’un vivier de passionnés de sports de glisse. Dans les années 90, alors que le Roller en ligne débarque sur les skatepark de France, ils sont la 1ère génération à se l’approprier. Parmi eux, Nicolas Mougin et Julien Lafarge, 2 Haguenoviens passionnés, font partie des membres fondateurs du NL Contest. 

Né en 2005 avec l’impulsion de l’association Nouvelle Ligne, dont l’objectif est de faire rayonner les sports de glisse et transmettre leurs valeurs, cet événement n’a cessé d’évoluer ces 13 dernières années. 

 

Culture et mixité sociale

Quelques 30 000 festivaliers font désormais le déplacement, le temps d’un long week-end de Pentecôte pour en prendre plein les yeux : des centaines de figures toutes plus impressionnantes, des disciplines telles que le Break Dance, le Street Ball (du Basket Ball à 3 contre 3), du Street Workout (une pratique à mi-chemin entre gymnastique suédoise et musculation, adaptée au monde urbain), mais aussi de très nombreuses activités, toutes festives : escalade, parc aventures, pétanque, bosses de Dirt, détente, graffitis, Dj’s et grands concerts d’artistes internationaux tels que Foreign Beggars. Un joyeux mélange de cultures qui se rassemblent autour de 3 valeurs : la passion, le partage et la performance. 

 

Des compétitions internationales

Le NL, c’est avant tout des grandes compétitions de Roller, BMX, Skate et de Freestyle Scooter (trotinette), qui font venir les meilleurs athlètes mondiaux et locaux dans leurs disciplines. Sur 3 jours, 5 compétitions de roller sont organisées, dont le célèbre Roller HalfPipe : une rampe de 4,30m de haut, l’une des plus grandes d’Europe, qui promet des figures acrobatiques impressionnantes. C’est aussi 4 compétitions de BMX pour des tricks toujours plus fous à vélo, 3 de skate et 3 de trottinette !  Pour cette 13ème édition, le Skatepark de la Rotonde de Strasbourg a fait peau neuve !

 

L’Alsace du Nord, vivier d’athlètes 

Nicolas Mougin, 

la tête dans les nuages

Parmi les grands noms des athlètes français, Nicolas Mougin, champion d’Europe de Roller Half Pipe en 2016 et Président de l’association Nouvelle Ligne, a fait ses 1ers tricks sur la Mini Rampe de Haguenau, au début des années 90. 

 

« Quand j’étais petit, j’ai fait vaguement comme tous les gosses du patin traditionnel dans la pente de garage de mes parents où on s’est gracieusement cassé la gueule » rit-il. « Quelques années après, quand j’avais 12-13 ans, on allait souvent au club des sports de Val d’Isère, en été. Un jour, un gars avait ramené les rollers en ligne du Canada. C’était vraiment le tout début, ça doit remonter à 1992. J’ai essayé, j’ai trouvé ça trop cool, et dès que les 1ers rollers en ligne sont sortis en France, je les ai achetés. A partir de là, je n’ai plus jamais arrêté ».  Ce qui lui a plu, c’est cette liberté : pas de structure, pas de règles. « C’est une autre façon de vivre le territoire, c’est transformer l’environnement urbain en aire de jeux ». Toujours à la recherche de sensations fortes, il « adore être dans les airs ». 

 

Depuis, rollers vissés aux pieds, il transporte sa passion et entraîne frère et copains : slaloms, tremplins dans les rues, hockey sur roulettes, « On s’entraînait beaucoup à Haguenau parce qu’il y avait une mini-rampe à côté du Lycée LEGT. C’était un rendez-vous régulier : on faisait 2-3 figures et on pensait qu’on était les meilleurs du monde, jusqu’au jour où les 1ères vidéos de riders professionnels sont arrivées, et là on s’est rendu compte qu’il y avait des mecs beaucoup plus tarés et plus forts que nous (rires), ça nous a beaucoup motivé pour progresser. Jusque-là nous n’avions pas de références, la scène n’était pas structurée. C’était un sport très récent, et le niveau a augmenté très vite. Chaque fois que des nouvelles vidéos sortaient, les gars faisaient des trucs incroyables par rapport à ce qu’ils faisaient quelques mois avant. Du coup, il m’est arrivé de progresser sans m’entraîner plus, car psychologiquement je me comparais à eux, et je me disais qu’il n’y avait pas de raison que je ne sois pas à leur niveau, alors que je l’étais le mois d’avant. C’est intéressant car ça prouve que l’on peut se mettre des barrières soi-même. C’est ce qui fait la différence avec les personnes qui sont leaders mondiaux dans leur domaine : ce sont des personnes qui poussent leurs limites beaucoup plus loin, sans comparaison ». 

 

C’était une période où commençaient à fleurir des compétitions. « La 1ère compétition que j’ai gagnée, le Rollerblade Tour, je l’ai gagnée avec le bras dans le plâtre, quand j’avais 16 ans ! ». C’est à cette période qu’il fait la rencontre du vivier de riders strasbourgeois. A cette époque, les skatepark n’étaient pas encore très développés en Alsace. « Les samedis, on s’entraînait en Allemagne toute la journée. A Haguenau, on alternait entre la mini-rampe et les murets de la Maison de la Musique. On avait toujours un endroit pour se retrouver, c’était sympa, je passais ma vie là-bas ». 

  

Les blessures, il ne les compte plus. «J’ai dû faire une quarantaine de visites à l’hôpital» assure-t-il. « C’est un sport acrobatique, il faut apprendre à tomber, anticiper la chute pour savoir comment se rattraper, car on tombe tout le temps ! Une nouvelle figure, c’est 2 à 3 ans de travail ».  En avril 2010, alors que Nicolas est détenteur d’un titre de champion du Monde en amateur de Roller Half Pipe, la patinoire de Haguenau laisse place au Bowl d’Hag, unique structure couverte du Bas-Rhin, dont il est l’un des porteurs de projet. « Je suis hyper reconnaissant. N’ayant pas d’autres structures couvertes, c’est le seul endroit où je peux m’entraîner en hiver, et même si ce n’est pas ma spécialité, je garde au moins la forme et je me blesse beaucoup moins. Avant, à l’arrivée du printemps, je me mettais une grosse pression pour retrouver la forme rapidement ». Mais ça, c’est du passé. Nicolas Mougin est prêt à affronter les meilleurs de son domaine ce week-end, au NL Contest. 

 

Le Bowl d’Hag, tremplin de toutes les disciplines 

Depuis 8 ans, un espace couvert est réservé aux sports de glisse : Skate, Roller, BMX, Trottinette, tous peuvent s’entraîner au Bowl d’Hag. Ce skatepark indoor appartient à la ville de Haguenau, et dispose d’un Bowl Indoor, le seul dans l’Est de la France.
Le Bowl d’Hag, ce sont des horaires aménagés selon les pratiques, des créneaux pour les débutants, des petits prix, des stages de roller pendant les vacances scolaires, des cours de roller et même un partenariat avec des écoles : un parti pris de la ville pour valoriser ces disciplines. 

 

« Historiquement, l’Association Sportive des Riders de Haguenau avait beaucoup de membres et ne pouvait pas pratiquer tout l’année » raconte Jonathan Matter, responsable du Bowl d’Hag. « C’était aussi pour la ville, une autre manière de rayonner ». Aujourd’hui, le skatepark recense quelques 10 000 entrées par an. Comme c’est l’unique skatepark couvert public de la région, certains riders viennent de loin pour en profiter. Tout au long de l’année, le Bowl d’Hag propose une série d’événements et de compétitions.
« Alors que le skate et le BMX viennent de devenir des sports olympiques (JO 2020), et que l’on va vers une évolution plus organisée de ces sports, il est primordial de développer des équipements de qualité. On aimerait développer le Bowl d’Hag vers l’extérieur, et créer des équipements en béton pour compléter le site et l’exploiter l’été » poursuit Jonathan Matter. 

 

La relève 

Au Bowl d’Hag, une nouvelle génération de riders s’apprête à prendre la relève de ceux qui leur ont donné envie de se lancer. 

 

Pierre Kaszuk a 19 ans. Il y a 7 ans, il découvre le Bowl d’Hag et tombe sous le charme du Skate. Depuis, skateboard sous le bras, il enchaîne les compétitions, et les remporte. 2 fois champion d’Alsace en moins de 18, il gagne également une compétition du NL en 2014. « Ce que j’aime, c’est me dépasser, et prendre des risques » se confie-t-il. Et son secret, c’est la persévérance. « Pendant 2 heures parfois j’essaye la même figure en boucle. En général, je tombe une quinzaine de fois par session » rit-il. « Par exemple, j’ai mis 2 ans à apprendre le Kickflip Front Board, que j’adore faire aujourd’hui ».

 

Lorenzo Lammertyn, 19 ans aussi, et fidèle acolyte de Pierre, a préféré le BMX. « Je faisais du football avant, et ça ne me plaisait pas du tout. Pour moi le BMX, c’est la liberté. On n’a jamais fini d’évoluer, on est libre de changer d’endroit, de voyager. Je suis de plus en plus motivé à force de progresser ». Et ça porte ses fruits. En 2016, Lorenzo a remporté le Let’s Play Contest. 

 

Les 2 athlètes en herbe participeront eux aussi au NL Contest cette année. 

Rendez-vous du 19 au 21 mai 2018, sur le Skatepark de la Rotonde, pour un grand week-end de spectacles et d’acrobaties.  


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